Le vrai chic est dans l'écurie

15 septembre 2014

 

" Ils sont industriels, banquiers, aristocrates et ont pour point commun d'être généralement passionnés, comme en témoignent les ventes aux enchères enflammées de yearlings en août dernier à Deauville. Ils constituent un club feutré et Série Limitée vous emmène dans l'univers de leurs pur-sang d'exception, dont la France est l'une des terres de prédilection. Un article rédigé par Martine Robert.

À l'aube, dans la brume de l'épaisse forêt de Chantilly, les entraîneurs passent en revue les chevaux de course confiés par divers propriétaires. Révélateurs de champions, ils connaissent parfaitement chacun de ces pur-sang dont ils assurent la préparation physique et mentale. Christiane Head, dite « Criquette », soeur du célèbre jockey Freddy Head et du propriétaire-éleveur Alec Head, a ainsi mené l'an dernier la pouliche et grande championne Trêve vers la victoire dans le prestigieux prix de Dianes Longines, dont l'ambassadrice de charme cette année n'était autre que l'actrice Kate Winslet. Mais ce matin, plusieurs membres du Vendôme Racing Club, écurie de groupe lancée par Arqana, la maison qui met aux enchères 5000 chevaux de course par an, sont en visite chez son confrère Nicolas Clément, pour s'enquérir des performances de leurs pur-sang. Ici, pas de tapis rouge ni de spa comme dans les écuries du Qatar ou de Dubaï, mais des boxes impeccablement tenus autour desquels s'affaire une équipe de spécialistes : cavalier, garçon de voyage, vétérinaire, dentiste, ostéopathe, maréchal-ferrant, sellier... selon les besoins. « C'est l'occasion de découvrir ce milieu méconnu et de côtoyer de grands professionnels », confie l'un des propriétaires de ces athlètes de haut niveau.

Le monde des chevaux de course peut sembler en effet particulièrement fermé, avec ses espaces réservés aux propriétaires et entraîneurs sur les hippodromes (rond de présentation des chevaux, tribunes spéciales...), son vocabulaire très british, ses codes vestimentaires. Lors des compétitions les plus huppées, l'élégance est de rigueur : veste et cravate obligatoire dans les salons VIP du prix du Jockey Club, haut de forme et redingote au Derby d'Epsom, capeline et robe de cocktail au prix de Diane... « Les Anglais, en particulier, savent perpétuer ces traditions. Par exemple, le Royal Ascot, où la reine d'Angleterre arrive en calèche, est le rendez-vous le plus glamour », observe Georges Rimaud, manager des haras de l'Aga Khan. Elisabeth II, qui possède une cinquantaine de poulinières, montre l'exemple avec ses tenues colorées. « Elle était une très bonne cavalière », souligne Guy de Fontaines, en charge du département propriétaires de France Galop, l'association chargée d'améliorer la race et de développer la filière hippique en redistribuant l'argent des paris. Aristocrates, industriels, banquiers, mais aussi nouveaux entrants issus de la Net économie, se côtoient autour d'une coupe de champagne et de canapés fins lors des courses les mieux dotées, à Paris, Saint-Cloud, Chantilly, près de Paris, mais aussi à Ascot, en Angleterre, à Curragh ou Leopardstown, en Irlande, à Baden-Baden, en Allemagne, à Dubaï, à Melbourne, à la Japan Cup... À l'image des collectionneurs d'art qui se retrouvent dans les foires internationales, les propriétaires de chevaux ne manquent aucun des rendez-vous hippiques les plus chics. L'été, ils prennent leurs quartiers à Deauville, pour les ventes aux enchères de yearlings au cours desquelles Occidentaux et Émiratis se disputent la descendance des étalons champions.

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